20/11/2007

Déchéance.

Déchéance.  
Oh ! funeste existence comme je te maudis  
Toi qui dès que l'on naît ouvres déjà la tombe  
Tu t'acharnes ainsi jusqu'à la mort et puis  
Sur d'autres êtres tu projettes ton ombre.  
Pourquoi faut-il souffrir ici bas sur la terre ?  
Pourquoi faut-il haïr ? pourquoi faut-il aimer ?  
As-tu vraiment le droit de faire et de défaire  
Le fragile destin de notre humanité !  
De quel droit ouvres-tu le profond précipice !  
Sans daigner seulement demander notre avis  
Tu roules et tu grondes et en nous tu t'immisces  
Tel un impétueux flot qui jamais ne tarit !  
Aie le courage au moins de regarder en face  
Tes victimes exangues ayant perdu la foi  
Cheminant à tâtons, vers tes contrées de glace  
Vastes contrées arides d'où l'on ne revient pas !  
Que de fois ai-je vu monstre aux yeux rougis  
Naître et prendre forme, ta cruelle esquisse  
Qui de ses jets puissants absorbe toutes vies  
En leur faisant subir un atroce supplice !  
Hélas ! tous ces propos ne sont que des chimères  
La constante implacable poursuit son vil labeur  
Et nous allons, vaincus, vers ce noir cimetière  
Vers notre déchéance qui nous remplit d'horreur !  
Éric Malpas.©  

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Le néant.

Le néant. 
Qu'est ce que le néant  
Une trop longue absence  
Le désespoir d'un amant  
Ou un profond silence ?  
Qu'est ce que le néant  
Un coeur désespéré  
Un mot oublié sur le papier  
Par l'écrivain frustré ?  
Qu'est ce que le néant  
Un astre qui s'éteint  
Une rage de dent  
Un affreux papier peint ?  
Ou bien des yeux qui pleurent  
Un amour qui s'achève  
Une montre brisée qui ne donne plus l'heure  
Ou un mourant qui seul au monde crève ?  
Qu'est ce que le néant  
Un océan de doutes  
Le cri d'un enfant  
Une mauvaise soupe ?  
Qu'est ce que le néant  
Un désert aride  
Un chien méchant  
Ou les premières rides ?  
Qu'est ce que le néant  
Une veuve éplorée  
Le venin d'un serpent   
De la fausse monnaie ?  
Ou bien tout simplement  
Un profond précipice  
Où l'âme des vivants  
Naturellement glisse ?  
Éric Malpas.©

14:48 Écrit par Po dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La fleur du Bosphore.

La fleur du Bosphore.  
Sur les coteaux fleuris que baigne le Bosphore,  
Dans ces prés parfumés où les cieux font éclore  
Cent fleurs au teint vermeil  
Près des sables dorés où la lame assoupie  
Baigne, en se répandant sur la roche accroupie  
Les nacres au soleil,  
J'ai choisi la plus belle, une riche anémone  
Qui penchait son front pur, comme fait la madone,  
Avec humilité,  
Et qui, pourtant superbe, étonnait ses compagnes  
Et remportait au loin dans toutes les campagnes  
Le prix de la beauté.  
On aurait pu chercher dans les plaines ventées  
A l'ombre des palmiers aux branches écartées  
Sous les bois d'acajou ;  
Jamais on n'eût trouvé de semblable merveille,  
Galbe aussi délicat, corolle aussi vermeille ;   
Jamais pareil bijou.  
Jamais un hidalgo, le soir, sous la charmille,  
Après un fandango dansé sans la mantille,  
Me disais-je en rêvant,  
A sa brune Lola dont les cheveux ruissellent,  
Le sein bondit d'amour et les yeux étincellent ;  
N'offrit un tel présent.  
Jamais un roi jaloux que l'amour environne,  
Un beau lys en émail,  
Ne vit en son palais une fleur aussi belle  
Que la fleur du Bosphore à la large prunelle ;  
Aux lèvres de corail  
Éric Malpas.©  

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