20/11/2007

Leçon de sagesse.

Leçon de sagesse

 

 





L'heure est grave mes frères, alors écoutez-moi
Les visages pâles ont déclaré la guerre
Il va falloir remplir de flèches nos carquois
Et mettre à l'abri; les enfants et leur mère.
Voilà déjà deux lunes que des soldats armés,
Sont partis de leur fort et foulent notre terre
Voilà déjà deux jours, que l'aigle est apeuré
Car il a déserté la chaleur de son aire.
Et même les chevaux sont devenus fougueux
Trépignant, hennissant, de plus en plus nerveux
Ils sentent la menace qui à chaque seconde
S'approche lentement; et qui au lointain gronde.

II

De même, l'eau du lac, qui d'habitude est calme
S'agite et bondit en de vifs soubresauts
Mais quand donc cesseront ses inquiétants spasmes?
Emplissant de terreur: Notre être, notre cerveau!
Ce matin j'ai parlé à danse dans le vent,
J'ai senti dans sa voix: Des soupirs, des sanglots
Dans ses yeux tout à coup, j'ai vu tous nos enfants
Se faire transpercer par de très longs couteaux.
Et je me suis enfui, et j'ai couru longtemps
À en perdre haleine, jusqu'à l'épuisement
Mais que faut-il donc faire: Partir, rester?
Et les visages pâles; qu'ont-ils donc projeté?

III

J'ai écouté les bruits même les plus légers
Ceux que l'oreille humaine, a du mal à entendre
J'ai vu dans les nuages et les cieux étoilés;
De gigantesques feux crachant flammes et cendres.
Et je regarde inquiet la ligne d'horizon
En pensant à vous, frères! qui tremblez comme moi
J'ai vu sur vos visages un désarroi profond
Oh! comme je voudrais; vous redonner la foi!
Ce soir dans mon wigwam, je suis triste et je pleure
Et dans le ciel la Lune a perdu son éclat,
La nuit va être longue, on comptera les heures
Nous rapprochant hélas! du terrible combat.

IV

Nous ne chasserons plus les superbes bisons
Traversant par millions, l'immensité des plaines
Nous ne traquerons plus: Le castor, le vison
Dont la peau protégeait; le corps du froid extrême.
Nous ne défierons plus avec nos canoës
Quand nous partions pêcher, la fureur des rapides
Nous ne foulerons plus le sol de la forêt
Sur lequel l'on pistait; le grizzly intrépide.
Et puis toutes ces lunes que nous avons passé,
Chantant, dansant, rêvant, au bord d'un feu de joie
Sous les tendres regards follement amusés
De nos braves enfants; et nos fidèles squaws.

V

Bientôt tout ce bonheur, hélas! disparaîtra
Nous allons avoir faim, nous allons avoir froid!
J'entends déjà sonner les infâmes clairons
Et battre les tambours de ces chiens de colons!
Oh! comme je suis vain, comme je suis petit!
Et comment faire face à cette tragédie?
Prenant de la vigueur inexorablement,
Tel le souffle léger; d'un ouragan naissant.
Moi, ours des montagnes, dois-je donc accepter
Comme nos frères Apaches de nous faire parquer
Dans de petits enclos que l'on nomme: Réserves!
Où rien ne pousse; hormis la mauvaise herbe.

VI

Ou bien, dois-je armer et entraîner mon peuple
Comme le firent: Les Comanches et les Sioux!
Dans une longue guerre meurtrière et aveugle
Pour ne pas perdre la face; acharnés jusqu'au bout!
Je me suis prosterné devant le grand totem
En invoquant le nom du très grand manitou
Afin que mon esprit, puisse de ce dilemme
Trouver la solution; la meilleure pour nous.
La réponse est venue du tréfond de mon âme
Car, c'est en regardant une très jeune femme
Que soudain j'ai compris, qu'elle portait dans son sein;
La vie et l'espérance de tout un peuple indien.

VII

Demain nous partirons, soumis vers l'inconnu
Très loin de la terre où naquirent nos ancêtres
Sans un mot, seuls au monde, sans avoir combattu
Le coeur plein de rancoeur; des rages plein la tête!
La vie est à ce prix, pourquoi donc s'obstiner
Si la haine nous gagne, nous serons massacrés!
À l'aube j'irai signer la reddition
Pressons! Pressons! Il me faut tous vos noms.



Éric Malpas © 

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