20/11/2007

Le miracle.

Le miracle.




Le logis est plein d'ombre, on entend vaguement
Du vent par la fenêtre le doux chuchotement
Près de l'âtre un chat joue avec une pelote
De laine grise qu'il déplace et transporte,
Au gré de ses griffes fines et acérées
Finissant à la fin par toute l'effilocher.
Une femme s'affaire près de la cheminée,
Elle ravaude des filets usés par les années
Son mari est pêcheur vous l'avez deviné
Et bien souvent ils n'ont rien à manger.
Car lorsque le gros temps l'empêche de sortir
Il ne ramène rien et ne peut nourrir,
Sa femme et ses enfants presque tous en bas âge
Cela le rend amer, et le rempli de rage.
Qu'allons-nous devenir ma pauvre Honorine ?

Si le sort continue à s'acharner ainsi !
Je suis à bout de force et ce travail me mine
Et je ne dors jamais pendant toute une nuit.
Le matin je me lève avec le désespoir
Et le soir je me couche dans la mélancolie
Devrons-nous donc sans cesse tituber dans le noir ?
Et porter sans ployer ce lourd fardeau maudit !
Les enfants écoutaient les plaintes de leur père
Et sur leurs maigres joues coulaient d'énormes larmes,
Les plus jeunes d'entre eux étaient graves et austères
Et mimaient leurs aînés, qui comprenaient le drame.
Dehors une pluie fine commençait à tomber
Et le ciel se chargeait de gros nuages sombres
La mer qui était calme, lentement s'agitait
Et la terre et les nues sombraient dans la pénombre.
Encore une journée où il faudra attendre

Une journée de plus une journée de trop
La misère vraiment, n'est ni douce ni tendre
Et toujours enlaidit ce qu'il y a de plus beau.
Voilà six jours qu'il pleut et le vent a forci
Sûr qu'avec ce temps là, le poisson est parti
Il faudra des semaines pour qu'il revienne,
Pour remplir à nouveau les vieux filets d'Etienne.
Les enfants sont couchés, Honorine est inquiète
Elle n'a plus d'argent pour acheter du pain
Il faudrait un miracle pour remplir les assiettes,
Mais elle n'y croit guère et pense au lendemain.
Et pendant qu'au dehors la tempête redouble,
Son esprit s'agite s'égare et se trouble
Elle se fait du soucis pour ses chers petits ;
Qui depuis quelques temps ont très peur de la nuit.

Peut-être sentent-ils la mort qui rôde et plane
Car la faim les tenaille tous les jours sans répit
C'est vraiment trop injuste de vivre un tel drame,
Pour des enfants encor à l'aube de leur vie.
Un silence inquiétant règne dans le logis
D'habitude on entend des souffles et des murmures,
Cela est bien étrange car même en pleine nuit
Des bruits épars pénètrent son frêle voile obscur.
Cela était troublant, et mystérieux même
Car ce calme trop calme n'était pas naturel
Honorine avait peur son visage était blême,
Et inconsciemment elle prit son missel.
C'est alors qu'elle vit apparaître un ange
Qui lui dit n'ai pas peur je viens pour vous sauver
Vous ne foulerez plus, jamais l'immonde fange
Et votre faim sera toujours rassasiée.
Le lendemain matin la pluie avait cessé,
Et dans l'azur du ciel un beau soleil brillait.

 




Éric Malpas.©

16:39 Écrit par Po dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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