20/11/2007

Adieu!

Adieu !

 

 

 




Vois, ma belle, un beau jour descend sous les montagnes
Un soleil engourdi dore encor les campagnes
Jouissons de son dernier regard!
Car ce soleil mourant est comme la jeunesse
Rapide en son essor, tout le jour il s'empresse
Et s'alentit, hélas! trop tard!

Aimons-nous, ton beau front à la tresse dorée
Et ta lèvre amoureuse à la teinte empourprée
D'un rayon du soleil couchant
Je vois ton oeil si doux, bleu comme la nature
Notre coeur nous inspire et ta bouche murmure
Un hymne amoureux et touchant.

Aimons-nous, disais-tu! quelle douce tristesse
Quel espoir inconnu, dans ces jours de tendresse
Nous parlaient d'immortalité?
Pourquoi tant de soupirs, tant de larmes amères?
Pourquoi, dans nos baisers, nos amours trop sincères
Songeaient-ils à l'éternité?

Qu'il était doux le temps de tes calmes sourires
Mon bel amour perdu, maintenant tu soupires
Maintenant ces jours sont finis!
Jours où l'âme et le coeur s'épanchaient en silence
Où ton regard chéri donnait tant d'éloquence
À la mer, aux cieux endormis!

Et nous passions ainsi dans la barque indolente
Un ciel pur entourait la lune étincelante
Les bords se fondaient dans les flots.
Et seuls, sans nous parler, nos coeurs se répondaient
Nos yeux disaient assez l'amour qu'ils éprouvaient
Sans l'exprimer, par de vains mots.

Et nous passions, hélas!...comme le temps s'écoule!
Courts instants de bonheur! comme tout les refoule
Au fond de notre souvenir!
Comme de nos serments se rit la destinée
Et que de nos beaux jours la fleur est tôt fanée
Au vent jaloux de l'avenir!

Hélas! ils ont dit vrai, les sinistres présages!
Entraînés, nous suivions de fallacieux mirages
L'abîme était couvert d'azur!
Le chemin descendait une pente incertaine
Le vent soufflait plus doux, la rive était lointaine
Et l'asile nous semblait sûr.

Adieu, je n'ose plus me plaindre
Je mets ma foi dans notre amour
Pourquoi ne puis-je te rejoindre?
Dis-moi, nous verrons-nous un jour?

Combien les pleurs m'auront changé
Le jour qui nous réunira
Mais dans mon âme soulagée
Mon triste amour refleurira!

Adieu, mon coeur brisé se navre!
Au jour de ta mort, pense à moi!
Quand je ne serai plus qu'un cadavre
Mon dernier mot sera pour toi.

Adieu, pense que je suis homme!
Pense à Dieu qui t'écoute encor
Et garde ces mots dans ton âme,
T'amo, t'amo d'immenso amor!

Peut-être dans l'essor de l'aurore éternelle
Quand notre amour s'éveillera
Ces mots retentiront sous la voûte immortelle
Et notre coeur leur répondra!

Oh! que l'espoir sacré d'une nouvelle vie
Demeure à jamais dans nos coeurs!
Dieu, qui sait pardonner à l'âme repentie
Nous réserve des jours meilleurs.

Sachons subir la loi d'une amère existence,
Le calme vient par la vertu
La mort n'est plus pour nous qu'une haute espérance...
Nous le disions, t'en souviens-tu?

 

 

 




Éric Malpas.©

 

15:09 Écrit par Po dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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