19/11/2007

À Charles Baudelaire.

À Charles Baudelaire 
Que vos fleurs maladives s'épanouissent encor 
Et que vos nuits superbes, ô fabuleux trésor! 
Séduisent et enchantent jusqu'au petit matin 
De leurs plus beaux accords, nos rêves libertins. 
Vous fûtes un génie du vice de la luxure 
Et toutes vos charognes et vos caricatures 
Dans le vil despotisme de l'univers inquiet, 
Semblaient d'un même pas marcher à vos côtés. 
C'est la nuit, que votre inspiration 
Prenait toute sa force, toute sa dimension 
Gonflée comme un ventre rempli d'exhalaisons 
Puis d'un seul coup, vos crachats étaient mûrs 
Ramollissant ainsi votre abcès qui moins dur, 
Laissait sourdre votre génie et votre humanité. 
Oh! cerveau inquiétant, tu en as rempli des pages! 
Oh! monstre repoussant, au visage voilé 
Les feux de tes visions étaient profonds et sages 
Mais certains ignorants, censurèrent leur rage! 
Votre maître et ami Théophile Gautier 
Peut-être fier de vous surdoué de la rime 
Jamais votre muse ne vous a abandonné 
Même quand celle-ci, était bien maladive. 
Horreur! tout était réuni pour ouvrir le tombeau! 
Et faire naître les faunes de vos rêves 
Dans la blancheur légère des voiles sur la grève, 
Et la pâle clarté du jour à peine éclos. 
Grand parmis les puissants, vous étiez partagé 
Entre l'amour des uns, et le mépris des autres 
Beaucoup voyaient en vous l'idole idolâtrée 
Les autres un démon infâme et despote. 
Plaines de vos passions, plaintes de la raison 
Vous n'eûtes pas l'existence facile! 
Aujourd'hui sur ces plaines, pousse le frais gazon 
Car vos oeuvres enfin! sont devenues dociles. 
La critique à l'époque, ne vous a pas compris 
Vous qui vouliez élever les esprits 
Mais malheureusement ces monstres rabougris 
Manquaient d'intelligence pour voir votre infini. 
Les fleurs du mal, voilà votre combat! 
Le spleen et l'idéal sinistrose inquiétante 
Durant toute la vie, elle a suivi vos pas 
En s'immisçant en vous, oh! déroute navrante. 
Mais dur comme le roc vous avez résisté 
Aux assauts répétés des armées de chimères 
Et malgré leurs efforts, perfide illusion, 
Vous sortîtes vainqueur de ce noir cimetière! 
Styx ô fleuve des enfers! 
Donne l'invulnérabilité à ce prodigieux nom 
Et chasse loin de lui, la flèche si perfide. 
Et toi Zeus dieu de la voûte lumineuse 
Arme son bras de prodigieux éclairs 
Afin qu'il puisse mettre en pièces ses détracteurs, 
Avec l'aide puissante de ta farouche foudre! 
Que vos fleurs maladives s'épanouissent encor 
Vous mon cher Baudelaire, aux messages si forts! 
Et que votre âme transportée dans les cieux étoilés 
Redescende sur terre pour que vous reviviez 
Dans l'esprit et le corps d'un enfant de génie 
Amoureux de la vie et de la poésie 
Philantrope aimant l'humanité entière 
Et chassant ici bas jusques dans leur repaire, 
Les démons et les chancres de la stupidité 
Afin que vos blessures soient à jamais pansées! 
Malpas éric. © 

16:02 Écrit par Po dans Mes poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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